LE REDRESSEMENT DE L’ECOLE MALIENNE

LE REDRESSEMENT DE L'ECOLE MALIENNE

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Introduction :
Dans toutes les sociétés, le secteur de l'éducation est l'une des composantes les plus importantes du secteur public. Il représente 20 à 30% du budget total (National et local), emploie de loin, la plus grande proportion d'élites cultivées (Administrateurs, Inspecteurs, enseignants et professeurs) et implique 20 à 25% de la population (élèves et étudiants, parents et autres parties concernées)
Toutefois, dans la plus part des sociétés-riches et pauvre, le secteur éducatif se heurte à des difficultés et des crises sévères : les contraintes financières, l'efficacité faible, la mauvaise qualité de la prestation de services, la pertinence douteuse, les buts et les objectifs souvent peu clairs comme le démontre, entre autre, des taux de chômages élevés chez les diplômes.

La grande majorité des chercheurs en développement de l'éducation et des experts de l'élaboration de la politique éducative, des responsables de la statistique sur l'éducation, de la planification et de la budgétisation reconnaissent cet état de fait, depuis un certain temps.

Cette situation, qui perdure malgré des tentatives de reformes a entrainé une remise en question de l'éducation et une nouvelle manière de la considérer.

En d'autres termes, l'éducation est une ressource en péril, des voix se sont levées pour exprimer le redressement de l'école.

Nous joignons notre voix à celle des autres, pour parler de la gestion et le comportement des enseignants et le besoin de financement pour le redressement de l'école afin engager le débat sur la part de la qualité de l'éducation dans le financement du redressement de l'école.

Gestion et le comportement des enseignants :

Les pratiques frauduleuses de gestion des enseignants et des comportements des enseignants non éthiques peuvent avoir un impact important sur la qualité de l'éduction. En effet, lorsque la nomination, l'affectation et la promotion du personnel, sont fondées davantage sur le favoritisme, le népotisme « le clientélisme » politique, le post – de – vin, les dessous – de – table , etc. que sur les besoins en personnel, la qualification ou la performance des individus la qualité de l'éducation en pâtit inévitablement. En, outre, les professeurs qui adoptent des pratiques contraires à l'éthique sont sans aucun doute inaptes à enseigner les valeurs universelles (éducation civique, les valeurs morales, l'honnêteté, l'intégrité, etc. Par l'exemple qu'ils donnent, ils décrédibilisent de fait leur propre enseignement et se mettent dans l'incapacité d'aider leurs élèves à respecter ces valeurs. Toutefois, l'éducation éthique à elle seule restera sans effet si la gestion de l'ensemble du secteur de l'éducation n'est pas éthique elle-même.

De même, l'éducation est le mieux placé, pour prévenir la mauvaise qualité des services de l'administration publique. La bonne qualité des services de l'administration publique contribue à la croissance économique et au développement durable.

Les lois et les règlements rigoureux et les institutions les mieux dirigées ne suffiront pas pour le redressement et pour prévenir la mauvaise qualité de l'administration publique si les citoyens, les Organisation de la Société Civile, les Syndicats... n'exigent pas, non seulement, que le gouvernement, les institutions publiques et les élus locaux rendent compte, mais qu'ils prennent à temps des mesures correctives aux manquements ou insuffisances.

Besoin de financement pour le redressement de l'école

Chaque système scolaire a besoin de l'argent et de divers types de ressources. Enseignants, bâtiments, tables et chaises tableau, manuels scolaire, eau et électricité ne sont que quelques-unes des ressources utilisées par les écoles dans leur fonctionnement quotidien. Ces ressources sont en général fournies par les pouvoirs publics via différents niveaux d'administratifs du ministère de l'éducation, en utilisant l'argent des contribuables et parfois des contribuables de bailleurs de fonds. L'argent et les ressources matérielles ne sont en aucun cas les seuls facteurs qui déterminent le redressement du système éducatif, mais se sont néanmoins des variables sur lesquelles les pouvoirs publics ont le meilleur contrôle.

Au Mali, le « redressement de l'école » est l'un des 6 axes prioritaires du Programme d'Actions du Gouvernement (PAG). A la lecture du tableau 11, ci-dessous du budget citoyen 2016 relatif aux allocations budgétaires selon les axes du PAG, nous constatons que le redressement de l'école a 16.8% des poids dans le budget 2016, soit la deuxième priorité après « Construction d'une économie émergente » avec 26,1%

Les ressources transférées aux collectivités territoriales (CT) en 2016 sont reparties entre trois (03) fonctions principales à savoir : l'éducation, la santé et les pouvoirs publics et administration générale. L'éducation représente à elle seule plus de 85% des ressources transférées en 2016, tandis que les dépenses de santé représentent moins de 5%. Les pouvoirs publics et l'administration générale concentrent environ 10% des ressources transférées en 2016.

Cependant, tout un éventail d'approches doit être conçu et appliqué pour lier les modalités de financement à la réalisation de l'objectifs politiques particuliers, (i) l'équité (subvention selon un système de péréquation) et (ii) l'amélioration de la transparence et de la redevabilité dans l'affectation des ressources.

Conclusion

Former les esprits à l'éthique, à l'équité, à la transparence et à la redevabilité doit constituer une tâche prioritaire pour le redressement de l'école, voire de l'administration publique. Ce paramètre ne doit pas être oublié, et l'on ne peut en faire économie dans le diagnostic inclusif et l'élaboration de stratégies globales pour le redressement de l'école.

Le diagnostic et la stratégies globales pour le redressement ne doivent pas seulement se concentrer sur les données quantitatives comme le nombre d'enseignants par âge, le nombre d'années d'études, le niveau de qualification, le statut, le ratio élèves-maitre, ou encore les ressources financières et matérielles, mais aussi sur des « intrants intangibles » tel que l'engagement éthique et professionnel de l'enseignants et du personnel, l'équité, l'existence de systèmes de gestion transparents , le mécanisme de reddition de comptes et de contrôle indépendant et efficace, etc. En effet, le financement de ces « intrants intangibles » est capital pour assurer le redressement de l'école.

Bassidy DIABATE
Coordinateur du Groupe de Suivi Budgétaire
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Janvier 2016